Parlons de la contre-volonté – et voyons comment elle ne se limite pas aux enfants

par | Mar 12, 2020 | Éducation, Vie de famille | 0 commentaires

Il y a quelques semaines, nous étions en route en famille – je conduisais.
C’était une journée ensoleillée et j’ai oublié d’allumer les feux.
Sur le chemin de ma destination, juste avant un rond-point, la voiture devant moi s’est soudainement arrêtée. Le conducteur (un homme du troisième âge) est sorti de la voiture et m’a montré d’un geste que je devais allumer la lumière.
Comme je l’ai dit, c’était une journée ensoleillée, mais la loi en Suisse exige que toutes les voitures aient toujours leurs feux allumés.

Je sentais monter en moi un sentiment de réticence. Je me suis montrée amical, avec un geste de “ok”. Mais l’homme a attendu que j’allume les feux.
Puis il a hoché la tête, est monté dans sa voiture et a poursuivi sa route.

J’ai dû me surpasser avec toute ma volonté activée pour ne pas de nouveau éteindre la lumière.

Qu’est-ce qui m’a pris ?

  • On peut argumenter que cette personne voulait seulement m’éviter une amende si je me faisais contrôler par la police.
  • Ou bien on pourrait faire valoir que j’enfreignais vraiment la loi en négligeant d’allumer les feux.

C’est peut-être vrai. Cependant, mes émotions se révoltent et je n’ai eu aucune compréhension pour un tel comportement de contrôle.

Peut-être que dans une telle situation, tu pourrais simplement dire merci à ce monsieur de te l’avoir fait remarquer et continuer avec contentement.

Mais qu’en est-il des situations dans lesquelles tu as reçu des conseils de ton voisin – ou même de ta belle-mère, qui apparaît sporadiquement – sur la façon de mieux nettoyer ta maison ? Ou de la personne à la caisse derrière toi, qui te montre à quel point elle est pressée en poussant son chariot de courses dans tes jambes ?

Je pense que la plupart d’entre nous connaissent ce sentiment. C’est un instinct vital, donné par Dieu, qui nous aide à résister à toute influence extérieure. Dans l’article suivant, nous allons examiner un peu plus en détail à quoi peut servir cette contre-volonté.

La contre-volonté.

C’est exactement ce sentiment qui se produit lorsque les enfants (ou, comme dans cet exemple, moi en tant qu’adulte) réagissent de manière provocante et se mettent à résister.

J’ai utilisé ma maîtrise de soi, mais cela m’a coûté cher de laisser cette lumière allumée. Chaque fibre en moi aspirait à faire exactement le contraire de ce qui serait bon et juste : Tout en moi voulait éteindre cette lumière (et voir si le conducteur qui était toujours devant moi s’arrêterait à nouveau…).

Je ne pourrais pas mieux le décrire qu’Emil : [1]

Il en va de même pour les enfants qui sont dans la résistance. Par exemple, si on leur dit de se dépêcher, ils vont encore plus ralentir. Si on leur demande de venir ici, ils sont paralysés et ne bougent pas d’un pouce.

Cela vous semble familier ?

C’est une qualité profondément humaine et cela nous aide à être fidèles à nous-mêmes. La contre-volonté est un élément crucial de la protection de notre intégrité. (L’intégrité fait référence à la congruence des valeurs, des idéaux, des impulsions et des convictions personnelles avec son propre discours et ses propres actions).

C’est notre état de base. Résister aux instructions qui ne viennent pas de nous.

Neufeld explique : [2]

La contre-volonté est une résistance instinctive et automatique à tout sentiment d’être forcé. Elle est déclenchée chaque fois qu’une personne se sent contrôlée ou poussée à faire ce que quelqu’un d’autre lui demande.

La contre-volonté se manifeste de milliers de façons.

  • Il peut se manifester comme le non réactif du petit enfant,
  • le “Tu n’es pas mon chef” du jeune enfant,
  • comme la réticence lorsqu’on est pressé, comme la désobéissance ou le défi.
  • Elle est visible dans le langage corporel de l’adolescent.
  • La contre-volonté s’exprime également par la passivité, la procrastination ou le fait de faire le contraire de ce qui est attendu.
  • Elle peut se manifester sous forme de paresse ou de manque de motivation.
  • Elle peut être communiquée par la négativité, la belligérance ou l’agressivité, ce qui est souvent interprété par les adultes comme de l’impertinence
  • Vers nombreux enfants motivés par la contre-volonté, on peut observer une fascination pour la transgression des tabous et l’adoption d’attitudes antisociales.

Quoi qu’il en soit, la dynamique sous-jacente est la résistance simple et instinctive à la contrainte”.

Kraft écrit [3]

“Quel est le moyen le plus sûr d’empêcher une personne de faire quelque chose : vous l’obligez à le faire. Et quel est le moyen le plus sûr de lui faire faire quelque chose ? – Lui interdire de le faire. Bien que décrit dès 1906 par le psychanalyste Otto Rank (1884-1939), ce théorème superficiellement simple est encore peu utilisé dans la vie quotidienne. À notre désavantage, car la contre- volonté est l’une des forces les plus puissantes de l’homme”.

Neufeld le confirme lorsqu’il écrit : [4]

“Le simple fait que quelque chose soit important pour nous, peut donner à nos enfants l’impression de ne pas avoir envie de le faire. Plus nous faisons pression sur nos enfants pour qu’ils mangent leurs légumes, nettoient leur chambre, se brossent les dents, fassent leurs devoirs, s’occupent de leurs manières ou s’entendent avec leurs frères et sœurs, moins ils sont enclins à se conformer. Plus nous insistons pour qu’ils ne mangent pas de nourriture malsaine, plus ils sont enclins à le faire”.

Beaucoup d’entre nous, parents, ne savent pas vraiment comment traiter nos enfants qui sont dans l’opposition. Que ce soit un enfant ou un adolescent, il n’est jamais agréable d’être confronté à l’un des comportements mentionnés ci-dessus.

Pour le moment, une menace du genre “Si tu ne m’aides pas à porter la table, il n’y aura pas de repas” peut fonctionner. (voir le dernier article).  tu pourrais même la décrire comme une mesure de “conséquence logique”, ce qui est en fait une bonne chose, n’est-ce pas ?

Heinz Etter a dit un jour

“Je travaille avec des enfants qui ne sont pas dans la résistance. C’est la base de ma pédagogie procédurale.

En approfondissant ce sujet, j’ai aussi pu comprendre pourquoi il a dit cela. J’ai vu deux aspects importants autours du sujet de la contre-volonté, que je vais essayer de t’expliquer.

Le premier concerne la manière dont nous pouvons passer du statut d’homme qui a fait pression sur moi pour que j’éteigne les lumières de la voiture à celui de personne qui est autorisée à dire des choses aussi quotidiennes dans la vie de nos enfants. Nous verrons cela dans le prochain article.

La semaine suivante, nous verrons ce que nous devons comprendre avec un enfant qui est seulement en opposition avec nous, peu importe ce que nous disons ou faisons, e la manière dont nous pouvons renverser la situation.

[1 ]Dans cet article (en allemand) par Emil Zitlau

[2], [4] Neufeld, Gordon. Retrouver son rôle de parents.
Traduit de la version anglaise de Kindle :

Hold On to Your Kids: Why Parents Need to Matter More Than Peers . Random House Publishing Group.  Chapter COUNTERWILL: WHY CHILDREN BECOME DISOBEDIENT

[3] Dans cet article (en allemand) de Marc-Steffen Kraft

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