Frappé avec une découverte d’abus sexuel sur votre enfant ? Vous trouverez ici de l’aide sur la façon de gérer une telle situation.

par | Mai 12, 2019 | Développement personnel, Éducation | 0 commentaires

Dans cet article, il était montré comment instaurer un dialogue avec les enfants pour lui éviter, si possible, d’être abusé. Dans le deuxième article on a abordé de comment les adultes doivent agir pour lever le doute et identifier un éventuel abus que l’enfant subirait.

Dans le cas malheureux où l’abus a effectivement eu lieu, il faut maintenant voir comment gérer la situation.  

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Comme dans les deux derniers articles, je travaille avec le livre

Prévenir, détecter et gérer les abus sexuels subis par les enfants – Faut-il parler de ça aux enfants ?“,

écrit par Gérald Brassine.

L’auteur nous dit au début de ce chapitre: (p 67)

“Mon propos concerne essentiellement les domaines relationnels et affectifs de l’entourage familial.”

Dans les avant-propos du livre, il clarifie les raisons :

“Parce que je sus psychothérapeute et pas juriste, je n’aborde que l’aspect privé de la question de la pédophilie.  Mes propositions ne remplacent en rien les démarche à entreprendre auprès des autorités judiciaires pour dénoncer des faits avérés.” (p.12)

En essayant de résumer ce chapitre en un article, je me suis trouvée face à une tâche bien difficile : Chaque ‘un de ces 40 pages était rempli des informations et explications que j’estime de grande valeur pour traiter avec ce thème et gérer une situation d’abus.
J’ai alors décider de limiter cet article aux facettes très pratique.
Si vous vous y trouvez dans une situation d’abus qu’il faut gérer, cet article vous donneras quelques idées, vous mettra sur une piste. Je vous conseille vivement de lire ce petit livre pour vous plonger plus profonde dans ces informations et réflexions faite par l’auteur.
Il dit dans l’avant-propos : (p.10)

“Les propos que je présente ici ne se reposent pas sur des points de vue théoriques ; elles sont le fruit lentement mûri de plus de 25ans passées au contact d’enfants et adolescentes victimes d’abus sexuels, ou d’adulte vivant avec cet ancien traumatisme. Ce sont 25 années d’expérience dans l’accompagnement psychologique et l’aide aux victimes à prendre un nouveau départ dans la vie.”

 

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Écouter le récit de l’abus (p.68)

Les abus, les chantages et les cadenas imposés par labuseur sont extrêmement variés. Les révélations, après la prévention, prendront donc des formes très variées, elles aussi.

Mais il faut savoir que parler ne donne pas à l’enfant l’impression que cela va le soulager.
Dans la plupart des cas, en effet, parler expose la victime aux menaces de l‘abuseur, à la culpabilité, à la honte, à l’incrédulité, au risque de décevoir et, enfin, au risque éventuel de réactiver le traumatisme qu’elle cherche désespérément à éviter.

C’est pourquoi certains enfants resteront enfermées dans un profond mutisme avant de parler. D’autres raconteront tout d’un coup ; encore d’autres lâcheront les informations au compte-gouttes.

Mais dans tous les cas, il est primordial que l’enfant dénonce à ses proches l’abus qu’il a subi. Qu’il puisse s’exprimer avec confiance, sans peur et sans honte et raconter ce qui lui est arrivé – ce récit aura pour lui une valeur thérapeutique.
À ce moment, il est impératif que cet adulte identifie rapidement et clairement le détail des circonstances de l’abus et, si possible, l‘abuseur, car il devra, désormais, pouvoir se faire le porte-parole d’un enfant victime que la société risque de malmener.

Troubles dans la société (p70)

Que veut bien dire “une société qui risque de malmener l’enfant victime ?”

  • Eh bien, certains psychologues pensent que faire parler l’enfant et lui demander de raconter l’abus va lui faire du bien quand d’autres psychologues exigent de le faire taire et que rien ne soit dit pour ne pas raviver la douleur et créer une “victimisation secondaire”, c’est-à-dire un état psychologique dans lequel chaque répétition va être vécue comme une nouvelle séance de torture
  • La police a besoin d’un témoignage précis et détaillée pour mener valablement une enquête qui n’aboutira à rien si le principal intéressé garde le silence.
  • Plus tard, la magistrature se doit de tout mettre en doute lorsqu’il s’agit de peser charge et à décharger.

Un enfant souffre de devoir raconter ou se taire dans les lieux et face à des personnes qu’il ne connait pas. De même, les parents se retrouvent complètement désorientées à un moment où ils sont déjà dans une grave détresse.

Face à ces troubles, on ne s’étonnera pas que certains choisissent de rester silencieux.

Retour parmi les proches (p.71)

Mais le plus important dans tout cela est de bien se rendre compte que la gestion de l’abus et de la souffrance de l’enfant abusé va devoir se faire pour l’essentiel dans l’entourage familial.

L’adulte de référence doit, autant que possible, le représenter, après avoir recueilli un maximum d’informations pour un minimum de souffrance.

Féliciter l’enfant pour son courage (p.73)

Le silence, on l’a vu, est imposé à l’infant de façon très puissante par un abuseur manipulateur et menaçant.

L’auteur souligne que l’adulte ne devrait donc ni se sentir trahi par l’enfant qui a gardé le silence, ni se sentir coupable de n’avoir pas entendu ou compris l’enfant, mais il s’abstiendra, évidement, de lui faire des reproches.

Il continue d’expliquer que l’enfant peut même avoir l’impression d’avoir envoyé un message claire “puisque maman me comprend toujours” – en se plaignant par exemple, de maux de ventre ou en disant qu’il ne voulait pas aller chez tonton.

Ce qui est vraiment important est que l’adulte félicite l’enfant pour son courage et lui répète combien il l’aime, combien il admire le courage, combien il ne lui en veut pas…

Il est aussi important qu’à l’écoute des révélations, il est important de ne pas se laisser guider par ses émotions et de garder le contrôle de ses expressions de manière a ne pas mettre de frein ; il faut ainsi éviter des réflexions du type :

“C’est incroyable !”,
“C’est impensable !”,
“Ce n’est pas vrai !”,
“je ne peux pas le croire !”,

toutes formules qui donnent raison à l‘abuseur qui a dit à l’enfant que personne le croirait.

Aussi faut-il éviter de réagir en termes violentes:

“Je vais lui casser la figure” ou
“Je vais le tuer”

car ces déclarations intempestives risquent de faire peur à l’enfant au point de le faire se rétracter.

LORSQUE L’ENFANT NE SE SENT PAS CRU OU ENTENDU, IL SUBIT LE PLUS GRAND TRAUMATISME QUI SOIT, PLUS DÉSESPÉRANT ENCORE QUE L’ABUS LUIME.

 

 

Déculpabiliser l’enfant (p.76)

Il est important d’expliquer à l’enfant quil est victime et que seul l’adulte est responsable et coupable à 100% des gestes sexuels qu’il lui a fait subir.

  • Il faut lui dire que ce n’est pas sa faute s’il n’a pas su mettre fin lui-même aux agissements de l‘abuseur, car seul un adulte peut arrêter un autre adulte ou, en tout cas, qu’on n’attend pas cela d’un enfant
  • Il faut veiller à parler de “révélations”, “d’informations” ou de “récit” à propos de ce que raconte lenfant et jamais “d’aveux” car ce terme est réservé aux coupables.

Parler de l‘abuseur comme d’un malade qu’on peut aider, ou de quelqu’un qu’on croit être gentil (p. 77)

L‘abuseur – le plus souvent un membre ou un ami de la famille – se montre d’autant plus gentil qu’une attitude aimable en public l’aide à masquer la violence qu’il exerce en privé. Traiter désormais l‘abuseur de “méchant” alors qu’il était connu de tous comme “gentil” trouble l’enfant.

Qualifier le pédophile de “malade” plutôt que de “méchant” va aider l’enfant à le reconnaître. En parlant de cette manière, on propose à l’enfant non pas d’accuser mais d’aider l’adulte “malade” qui abuse de lui.

Savoir qui est l‘abuseur et quels sont ses chantages (p.78)

Il faut s’engager envers l’enfant à faire cesser immédiatement les abus et s’y atteler, avec ou sans aide de la Justice. Mais, pour y parvenir, il faut connaître les circonstances de l’abus – “qui, quoi, quand, comment, etc.” et poser les bonnes questions.

Poser des questions ouvertes… (p.79)

Il est important, ici, d’être précis et délicat. Il faut absolument éviter de poser des questions suggestives ou fermées, c’est-à-dire des questions auxquelles on ne peut répondre que par “oui” ou “non” comme, par exemple :

“As-tu vu le zizi tout dur d’Untel ?”,
T’a-t-il touché entre les jambes ?”

En agissant par suggestion, on n’aide personne et on court le risque d’accusations erronées aux conséquences graves.

Il faut donc poser des questions ouvertes, c’est-à-dire celles qui appellent une explication, un commentaire. Par exemple, pour identifier l‘abuseur et la nature de l’abus :

“Que s’est-il passé ?“,
“Qui t’a fait quoi ?

Ainsi, votre question n’aurai pas induit la réponse et vous avec plus de chance d’approcher la vérité.

Pour oser savoir ! (p.81)

Autant il est important de ne pas suggestionner l’enfant, autant il s’avère utile d’oser poser des questions ouvertes de manière à savoir concrètement et précisément ce qui se passe et comment cela se passe :

Quels gestes fait-il/elle ?“;
“Que demande-t-il/elle ?“;
“Combien de fois cela s’est-il passé ?“;
Où et quand ?

Il faut identifier les circonstances sans, évidemment, les suggérer : à la maison, à l’école, en voiture, la nuit quand tu dormais…

Enfin, il faut découvrir les cadenas posés par l‘abuseur :

“Que t’a-t-il dit qu’il arriverait si tu en parlais ?”

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L’auteur propose d’accompagner un enfant (ou même un adulte en Thérapie) avec des outiles suivantes :

  • Prendre note ! (p.82)

Un enfant va parfois être très lent à parler et ne révéler les faits qu’au compte-gouttes ou, au contraire, il va tout lâcher d’un seul coup. Dans tous les cas, il faut prendre note de ce qu’il raconte tel qu’il le dit, avec les mots exacts et les phrases qu’il utilise, en les mettant entre guillemets.

  • Livre docteur, livre hôpital, livre poubelle (p.84)

On peut faire un carnet qui contient les notes de ses révélations un acteur naturel et sympathique dans le processus de guérison. Chaque fois que l’enfant semblera vouloir parler, l’adulte lui proposera de confier ses souvenirs au carnet présent comme thérapeutique, un carnet que l’enfant sera invité à nommer lui-même. En invitant l’enfant à révéler et à soigner ainsi sa souffrance, l’adulte ne le force pas à parler, mais lui permet de s’épancher. Sans le blesser une nouvelle fois, l’adulte démontre son ouverture à entendre et, par la même occasion, il apprend à accepter la réalité vécue et à “oser savoir”.

  • Le verrou (p.93)
    Si l‘abuseur vit sous le même toit que la victime, il y a des mesures à prendre immédiatement. Très concrètement, il est indispensable de placer un verrou intérieur – simple à utiliser par un enfant – sur la porte de la chambre des enfants et sur celles de la salle de bain et des toilettes.
    L’auteur décrit une situation ou une jeune fille de 15 ans avait laisser entendre à certaines copines qu’elle était abusée par son père.

    Une fois interrogée, la fille avait nié avoir eu de difficultés de ce type. L’assistante sociale utilisa, respectueusement et en accusant personne, les principes ici énoncés et elle suggéra que, pour faire taire les ragots et rassurer tout le monde de poser un verrou sur la porte de la chambre.
    Les nuits qui suivent, le papa vint supplier l’adolescente d’ouvrir la porte et elle refusa. Au bout de 15 jours, le papa, qui, jusqu’alors, n’avait jamais utilisé la violence physique, mais un cadenas de séduction et d’amour – “c’est parce que je t’aime” – pour abuser de sa fille, l’attendit, embusqué dans le salon, et se jeta sur elle pour la violer. Dès lors, l’adolescente porta plainte elle-même, et elle comprit que sa mère ignorait tous les agissements du père.

     

Si cet exemple se termine, hélas, mal, on voit néanmoins que le verrou est une technique simple pour faire obstacle à l’abuseur ou le démasquer.

  • Prévention- un verrou d’ordre psychologique (p.94)
    Par métaphore, on pourrait dire que la prévention pose un verrou – d’ordre psychologique – qui permettra de la même manière de s’opposer à l’abuseur.

     

  • Se prémunir (p.94)

Il faut mettre systématiquement les frères et les sœurs au courant de ce qui s’est passé, car cela a plusieurs utilités : l’enfant abusé reçoit ainsi le soutien, la reconnaissance et la protection de ses frères et sœurs. Tous les enfants s’assurent de cette manière une protection mutuelle qui permet de se prémunir contre les abus à venir.

L’auteur explique :

Une erreur à ne pas commettre, c’est de penser qu’il “ne faut pas déranger les autres enfants” avec ce qui est arrivé à un d’entre eux et de considérer que “C’est déjà assez grave comme ça, il ne faut pas alerter tout le monde.

Raisonner ainsi mène tout droit à isoler la victime, sans que personne ne sache pourquoi, et à faire des autres enfants des proies toutes désignées pour l’abuseur puisqu’elles no sont pas informées. En clair, cela revient à aider l’abuseur en lui préparant un terrain cloisonné a l’avance ; c’est un comportement dangereux.

En un dernier point, l’auteur explique longuement les bénéfices de

Ecrire à l’abuseur (p.98)

“De point de vue relationnel, la victime, en demandant des excuses, cesse de se positionner comme coupable et de se cacher. (…) Cette lettre est une sorte de grenade du pauvre” que beaucoup n’osent pas écrire, mais ceux qui le font s’aperçoivent que ça les secoue profitablement et que le soutien suit – la victime n’est plus isolée, opprimé…- ce qui constitue une thérapie formidable. Et quand bien même on n’écrit pas ou on n’envoie pas la lettre, le simple fait d’y réfléchir aide déjà beaucoup.

Que faut-il écrire ? Le contenu est à adapter selon le cas, mais peut rester très simple. Il s’agira toutefois d’évoquer des faits précis et il sera important de veiller prudemment aux termes utilisés, car en cas d’allégations vagues, la lettre pourrait être considérée comme une menace de chantage. On peut aussi faire savoir à l’abuseur que le cadenas ne fonctionne plus et qu’on est désormais capable de parler, de raconter le passé et de faire connaître autour de soi.

J’espère que je vous ai inspiré avec perspicacité, clarté et compréhension sur la façon de traiter ce sujet difficile…
J’espère qu’en ayant le courage de prendre le temps de vous informer, vous serez en mesure d’aborder ce sujet avec plus de compréhension, de sagesse et de clarté d’esprit pour prendre soin de vos enfants et de vos êtres chers.Je crois sincèrement que la vérité et la lumière ouvriront toujours une voie qui mènera à la liberté pour les personnes concernées.

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